Armand Gatti en Résidence sur le plateau de Millevaches 2009-2010 :
"La Tour de Babel maquisarde 1" - Du 2 mai au 11 juillet 2009 - Programme

Pierre Coutaud, maire de Peyrelevade et l'Association «Refuge des résistances Armand Gatti» accueillent le poète sur le Plateau, à Peyrelevade au Gîte des Mille sources qui va devenir jusqu'au 11 juillet, son lieu de résidence.

Cette résidence – une tour de Babel maquisarde- est l'aboutissement d'un long chemin et la préfiguration d'un futur.

L'oeuvre de Gatti, qui prit naissance ici dans le trou du maquis de la Berbeyrolle, par la multiplicité des thèmes, des questions, des paradoxes qu'elle convoque, par ses choix formels et ses prises de position - et ce depuis plus d'un demi siècle – trace un terrain de découvertes, et d'ouverture exceptionnelles. Traversée d'un temps qui charria nos pires désastres et nos plus lumineuses échappées. .

Le désir de créer sur ce Plateau un espace de création qui soit en même temps lieu d'apprentissage, d'approfondissement, de partage, est très ancien. Il est inscrit dans les fondements de ce qui est devenu , d'expériences en expériences , de rencontres en rencontres, de défis en défis l'aventure de la Parole Errante et en rebond, celle de ce Refuge des Résistances qui porte son nom. Et des projets dont il est désormais porteur.

Inventer, à partir d'un processus de création, une Université ( de «univers») maquisarde elle aussi : c'est aussi de cela qu'il fut, qu'il est et qu'il sera question.

Le propos de ces deux mois (où vont se multiplier – dans la mesure des forces locales et des rencontres - lectures, et ateliers de réflexion et de découverte) est de proposer un repérage, un voyage de reconnaissance à l'intérieur de la forêt que représente cette écriture . Ou encore «la préfiguration d'un futur impossible !».

Voyage à plusieurs niveaux :

Les lectures publiques : Ces dernières années (depuis la mort de Guingouin et la lecture à la Berbeyrolle ), Gatti est venu plusieurs fois lire ses textes sur le Plateau . Il le fait à nouveau pendant ces deux mois. Mais aujourd'hui, ces lectures ne se veulent pas uniquement éléments d' une programmation ( Une de plus ...). Ce sont pour nous les balises, les troncs permettant de tisser une trame de complicités à partir desquelles un futur de réalisations communes peut s'imaginer.

Les Ateliers qui permettront de prolonger et de raffermir cette aventure ( Voir tous les ateliers proposés)

Aujourd'hui, l'appui du Lycée forestier de Meymac, du Lycée-environnement de Neuvic comme lieu d'accueil semble acquis. Ainsi que celui , sur un autre plan, du Lycée professionnel Saint-Exupéry de Limoges.

PROGRAMMATION

Samedi 2 mai : Gîte de Malsagne : conférence de presse et un premier accueil des personnes interessées.

Vendredi 8 mai : - Salle des fêtes de TARNAC Première lecture publique: «Révolution culturelle» (inédit) - Ce texte fait partie d'une Préface en trois mouvements qui donne les clefs et de l'écriture et de la dramaturgie de Gatti.. Ces textes seront publiés l'an prochain, en ouverture de l'édition complète du cycle «La traversée des langages» (ed. Verdier) qui sera au coeur du travail proposé l'an prochain sur le plateau et dont «la Tour de Babel maquisarde» est la préfiguration.

Samedi 23 mai : - La Pommerie (Saint Setiers) à 19 h Gatti lit : « Gomorrhe» –Preface à la traversée des langages- 1ère partie : du bombardement de Hambourg au retour au maquis.

(repas libre préparé par une association locale)

Mardi 26 mai : - Royère les Vassivière à l’A(r)TELIER (près de la boulangerie )

19 h : Gatti lit : « Mort Ouvrier»« (poème)

21 heures : Projection du film « L'Enclos »« (réal. Armand Gatti) - 1960

1961 : Le film est présenté à plusieurs festivals : Cannes, où il obtient le « Prix de la critique de cinéma » ; Moscou : « Prix de la mise en scène » et Mannheim : « Mention spéciale hors-concours ».

« Au départ de « L'Enclos», il y avait un besoin très fort d'exorciser le monde concentrationnaire. Il fallait exorciser quelque chose qui avait brusquement annulé l'homme non pas dans les victimes, mais dans ceux qui faisaient de l'homme une victime. Avant de tuer un homme on tue en lui toute dignité et lorsque la victime meurt, elle meurt honteuse à ses propres yeux : on mettait en présence deux déportés et les gardiens persuadaient chacun d'eux que l'autre voulait l'assassiner. Les hommes s'entretuaient, c'est tout. C'est toute l'histoire de « L'Enclos», (A.G).

Mercredi 3 juin : – Tulle – Salle Latreille

18 h : Gatti lit « La Part en Trop » : Le Poème cinématographique « (extrait)

« La Part en trop » est un texte qui échappe à tout essai de classement ou de catégorie. Il trace une ligne de partage radicale dans l'écriture de Gatti : le passage d'une écriture mettant en action des personnages une écriture prise en charge par les pronoms personnels, cette armature des mots et du langage qui impose l'enigme du «JE».

«Le spectateur peut-il à travers les morts de la guerre civile plantés aux quatre coins du monde devenir son propre spectacle ?

( Une part engoulevent de l'été de l'anarchie,

une part alouette montant à la verticale des lieux de la tuerie ,

une part oiseau migrateur faisant le tour du monde ,

une part rouge-gorge dans la rigueur hivernale ...

Toujours une part en trop...» )

Une part en trop qui vient déregler les perspectives, multiplie les possibles, impose l'image. Et à partir de l'image et de ses contraintes, les pronoms personnels vont redécliner les guerres civiles du siècle : guerre d’Espagne, guerre concentrationnaire, guerre de résistance.

20h30 : Projection du film « El Otro Cristobal» « (réal. Armand Gatti) - 1962

1963 : Le film représente Cuba au festival de Cannes et obtient le «Prix des Écrivains de cinéma et de télévision ».

Cuba part à la conquête de sa révolution. Cristobal le marin (l’Autre Cristobal) part à la conquête du ciel. Et Gatti part à la conquête de ce que pourrait être un film partant à la conquête d'un langage qui dirait et le ciel et Cristobal le marin et la révolution... : « Comment trouver une écriture qui parle le langage de cette révolution que nous voyons en train de se faire avec tous ses mythes, ses exagérations, avec ses drames et avoir ce souffle, le ton d'épopée qui nous paraissait le seul ayant un rapport avec la révolution ?» (A.G)

Vendredi 5 juin : Neuvic – Cinéma Paradiso

20h30 : Projection du film « Chant Public devant deux chaises électriques » (réal Hélène Châtelain) – 2001-2003

« Chant Public devant deux chaises électriques » est à l'origine un texte de A Gatti écrit à Cuba pendant le tournage de «El Otro Cristobal» et qui fut monté au TNP de Vilar. Il met en scène l'Amérique des années 20, les premières lois d'exception, l'ennemi intérieur «rouge» sur fond de terreur blanche, et l'histoire de deux anarchistes émigrés italiens : Nicolas Sacco et Bartolomeo Vanzetti... Ils furent pris dans la nasse et accusés sans preuve du meurtre de deux caissiers. Leur procés – sept ans- provoqua une vague de solidarité jamais vue pour defendre deux hommes injustement condamnés. »…Si ces deux hommes meurent, il n’y aura plus de justice sur cette terre » criait-on dans les rues et devant les Ambassades. La bataille fut perdue Sacco et Vanzetti furent électrocutés . Ce texte fut monté à Los Angeles en 2001 et joué en septembre, juste après l'attentat contre les Tours à New York. La distribution rassembla des gens les plus divers venant des communautés (chinoises, noires, mexicaines, asiatiques...). Je suis venue à Los Angeles à la demande d'Emmanuel Deléage - producteur et metteur en scène - pour faire la captation du spectacle et me suis trouvée en pleine crise , face à un groupe de gens qui depuis trois mois réflechissaient ensemble à l'histoire de leur pays – cette Amérique des années 20 qu'ils découvraient – et qui leur paraissait soudain si proche. Ce fut pour moi une rencontre essentielle. » (H.Ch)

Dimanche 7 juin : Faux la Montagne - salle des fêtes

20h30 : Représentation « Armand Gatti est-ce un nom d'arbre ? »
Spectacle présenté par le «Grand théâtre» - mise en scène de Jean Marc Luneau.

Jean Marc Luneau et ses compagnons du Grand Theâtre ont suivi pendant pres de 2 ans les ateliers de la maison de l'Arbre ( travail autour des textes et rencontres avec Gatti). Puis ils ont décidé de mettre en écriture le chemin parcouru et ce que pour eux, il signifie. Ce spectacle en est le résultat. Une mise en question, traitée par l’absurde, de notre réalité consommatrice. Mais c'est le chant des maçons de la Creuse qui vient se poser sur ce qui marque la fin d'un spectacle et un appel à ne rien finir.

Mardi 9 juin : Neuvic – Foyer intercommunal d’éducation populaire

20h30 : Gatti lit «De l’anarchie comme battement d’ailes » : « Chicago »

Ce texte fait partie d’un cycle de 3 textes retraçant la saga familiale des Gatti :
« Docks » : le grand-père maçon émigré à Marseille et mort en pleine lumière, d’insolation sur un toit.
« Chicago » : Auguste le père, fils de paysan piémontais, l’anarchiste qui appela son fils « Dante », du nom du fils de Sacco. Emigré du Piémont à Chicago, il parvint à échapper à la terreur blanche, se retrouva balayeur à Monaco (derrière la frontière, Mussolini faisait la loi) et mourut, matraqué.
« Ton nom était joie » : Laetizia, la mère, femme de ménage à Monaco, épouse de l’anarchiste et franciscaine.

Vendredi 12 juin : Eymoutiers– Librairie "Le Passe-temps"

18h30 : Lecture à la bougie : Hélène Châtelain lit des extraits de « La part en trop »

Mardi 16 juin : Limoges – Lycée professionnel Saint-Exupéry :

20h30 : Gatti lit « Les Cinq noms de Résistance de Georges Guingouin – poème rendu impossible par le langage politique qui le hante et dont les arbres de la forêt de la Berbeyrolle maintiennent le combat »

Ce texte, écrit en réponse à la mort de Guingouin, a été lu à la Berbeyrolle , mais jamais encore à Limoges . Cette lecture inaugure un lieu à l’intérieur du Lycée qui va porter le nom de Georges Guingouin et une collaboration du Refuge des Résistances Armand Gatti avec le Lycée.

Vendredi 19 juin : Limoges – Meymac - Centre d'Art Contemporain :

20h30 : Gatti lit « Ma première idée de théâtre » Inédit. Deuxième partie de la Préface au cycle « La Traversée des langages » qui sera publiée en intégralité en 2010.

Samedi 20 juin : Uzerche – salle Jean Jaurès :

18h : Gatti lit « Le Monde Concave » Poème.

Le camp où Gatti a été envoyé à 18 ans, et dont il s’est évadé, était un des camps sous la mer qui, à première vue, servaient de « garage » aux sous marins, mais qui en fait entraient dans la « guerre philosophique » des nazis, où le monde n’était pas convexe, mais concave - ce qui bouleversait toutes les lois de la balistique… Là, au fond de la mer, dans des bunkers glacés, rendu sourd par la profondeur, Gatti élabora une forme de résistance bouleversante : debout sur les places des Appels, il transforma son corps en prosodie. Les doigts serrées sur les côtes pianotaient des alexandrins, les orteils prenaient le relais… Ainsi s’écrivirent des poèmes entiers qui de leur rigueur formelle ne « disaient « pas une résistance. Qui l’étaient.

Mardi 23 juin : Eymoutiers – Cinéma « Le Jean Gabin »

21h : Projection du film « El Otro Cristobal» « (réal. Armand Gatti) - 1962

1963 : Le film représente Cuba au festival de Cannes et obtient le «Prix des Écrivains de cinéma et de télévision ».

Cuba part à la conquête de sa révolution. Cristobal le marin (l’Autre Cristobal) part à la conquête du ciel. Et Gatti part à la conquête de ce que pourrait être un film partant à la conquête d'un langage qui dirait et le ciel et Cristobal le marin et la révolution... : « Comment trouver une écriture qui parle le langage de cette révolution que nous voyons en train de se faire avec tous ses mythes, ses exagérations, avec ses drames et avoir ce souffle, le ton d'épopée qui nous paraissait le seul ayant un rapport avec la révolution ?» (A.G)

Dimanche 5 juillet CLOTURE DE LA RESIDENCE : Marcy – Saint Merd-les-Oussines - Village incendié en 1944 par les nazis devant le maquis de Jeannot Gilbert

TELECHARGER LE PROGRAMME DE LA JOURNEE DE CLOTÛRE (format PDF, 2 pages)

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L'écriture d' ARMAND GATTI sur le Plateau de Millevaches : LES ATELIERS

Du 16 mai au 11 juillet 2009 :

(animés par Hélène Châtelain)



Dans le cadre de l'expérience de création proposée par Armand Gatti, sont organisés des ateliers publics : voyages exploratoires à travers la forêt de l’écriture de Gatti : découvertes des questions , des complicités, des rencontres qui la fertilisent .


A : «Le saule et le peuplier»: de l'alphabet à l'ideogramme ou comment la Chine, son écriture et son théâtre rencontrèrent les alphabets et le théâtre de Gatti, et ce qu'il en advint...

Animé par ZHANG Chunhong (Edith pour les français)

Cela fait plus de cinq ans que Edith travaille et étudie à Limoges. Originaire du Nord où ses parents sont paysans, elle part faire ses études à XI'AN et termine un doctorat autour de la question : comment transmettre à des habitants de l'alphabet, une pensée formée par les idéogrammes ?

Et comment une habitante du monde de l'idéogramme découvre les alphabets qui écrivent les textes de Gatti ( particulièrement les «textes»chinois» – qu'il écrivit en rentrant de ses voyages en Chine : Le Poisson noir et

Car le théâtre de Gatti – et comment échapper aux images et concepts que ce simple mot «théâtre» engendre - n'est pas l'héritier des théâtres occidentaux, ni celui des mystères, ni celui de Versailles. Et c'est la découverte de l'idéogramme – «écriture analogique» – qui rendit évident le compagnonnage avec la pensée quantique du non déterminisme qui désormais, fonde son «théâtre».



Lieu: Eymoutier – au «Monde Allant vers» « - Salle de réunion: de 14 h à 17h.

Samedi 16 mai - Samedi 30 mai - Dimanche 14 juin - Samedi 27 juin



B: Mots et Images : les feuilles de l'Arbre :

«on plante un mot et il pousse un oiseau...» ( A.G)

a) Travail autour de textes courts (mise en voix) : comment s'approprier, lancer, partager un texte pour que l'Autre puisse répondre ? Interpeller - ce qui n'est pas la même chose que «lire un texte à haute voix» ?

b) Travail autour de deux textes qui se glissent entre les lettres du mot «théâtre» pour s'en échapper

- «Didascalie se promenant seule dans un théâtre vide: tentative de dire avant le spectacle ». En sous-titre : ««De quoi s'agit-il ce soir»«

Il s'agit du texte le plus paradoxal peut-être de Gatti ( et un des plus signifiants ?) . Une anti-chambre, non dialoguée, radicale où s'articulent, s’interpellent en pleine liberté les élements qui fondent son écriture actuelle : «...laisser entendre comment sur une aire de jeu peuvent exister la parole et ses divagations dans le temps (passé, présent, futur) à l'abri des maladies psycho-mercantiles qui le dévastent...»

ou

comment faire dérailler les trains qui mènent en direct au spectaculaire et au marchand...

-« La Part en trop « ( Le Poème cinématographique )

ou comment les personnages de theâtre deviennent des pronoms personnels : Je, Tu, Il ou Elle. au pluriel et au singulier.

Et comment ils reprennent en tant que pronoms, la responsabilité de dire ces guerres qui l'une après l'autre assassinèrent le langage : guerre d'Espagne, guerre de résistance, guerre concentrationnaire.
...Toujours une part en trop...

C- Les « greffes» :

Un week-end avec un Visiteur (groupe constitué)

- Atelier animé par Eric Salama ( physicien, metteur en scène, a été l'assistant de Gatti dans les premières expériences de «TRAVERSEE des langages – vient de monter «le Joint» de A.G ). Ou comment, partant des premiers textes on decouvre les invariants (les fils) qui «tiennent» et structurent l'ensemble de l'oeuvre.

Séminaire théâtre dirigé par Eric Salama Vendredi 26 (soir) au Dimanche 28 juin

D’un théâtre éclaté à un théâtre quantique en passant par un théâtre sans spectateurs ?

Le théâtre de Gatti, c’est quoi ? C’est qui ? Comment des personnages de théâtre se retrouvent SDF abandonnés par un auteur qui lui devient un pronom et ce qui va s’en suivre… ?
Mais c’est quoi cette histoire ? Et de quelle Histoire s’agit-il ?


Vendredi 26 - soirée : prise de contact ; organisation des deux jours suivants

Samedi 27 : 9h30-12h 14h-18h30 – tracé de l’itinéraire ou comment se repérer en survolant une forêt et se choisir une clairière ( un texte) : exploration du terrain (arpenter concrètement un texte).
20.30 à 22h : questions, projection de documents de travail.

Dimanche 28 : 9h30 – 18h30 - suite de l’exploration.
Lieu :Peyrelevade ou Faux la Montagne
Gîte assuré pour ceux qui viennent de loin

Inscription obligatoire avant le 21 Refuge des Résistances – tel à Peyrelevade : O5 55 94 72 30 – 06 78 37 66 44 - 06 85 29 86 35


Autres possibilités :

Atelier animé par Olivier Neveux – enseigne à l'Université de Strasbourg- auteur de nombreux textes sur l'histoire du théâtre (histoire du théâtre militant etc) . Prépare un ouvrage autour de la
Atelier de polyphonies - animés par Bielka (qui chante yiddish, rom, russe et tout ce qu'on aime...)


D- Les colportages :
Lectures légères chez «les gens» , chez vous, un soir de 19 à 20 heures . Ce qui aussi vous permettrait et nous permetterait de se connaître .

E –Les Femmes en Noir de Corrèze : collectes d’entretiens, archives, récits.


F- notre utopie ? une bibliothèque.

Si chaque homme est un soleil, chaque texte est une constellation.

Commencer à rassembler les auteurs et les textes qui nourrissent la longue marche du poète Gatti – en vue de constituer un fonds qui serait sur le plateau la bibliothèque de cette aventure en mouvement (de Galilée à Poincaré, de Kepler à Khlebnikov, de Michaux à Lao Tseu , de Rabbi Aboulafia au Baal ShemTov , de Spinoza l’hérétique aux étudiants de la Rose Blanche et à Cavaillès l’épistémologue .


Ces propositions dépendent de ceux qui les rejoindront, à partir desquelles constituer des complicités de travail pour le futur. Pour tout renseignements et pour fixer au plus vite les disponibilités, les lieux et les dates.

O6 78 37 66 44 (portable d'Hélène Châtelain)

05 55 94 72 30 (Gîte de Malsagnes)

chatelain.h@gmail.com ou hchatelain@laposte.net


Hélène Châtelain : études d'éthnologie, comédienne (TNP) , long compagnonnage avec Armand Gatti réalisatrice, dirige la collection de textes russes «SLOVO» chez Verdier, traductrice .


NB : des DVD relatifs à GATTI, son œuvre et le Plateau sont disponibles (pour des séances particulières) : les demander à l’adresse ci-dessus.


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Nouvelles de La Tour de Babel maquisarde - 31 mai 2009

« La connaissance passe par une expérience, le reste n'est qu'information...»
(A Einstein)


Refuge des Résistances : nouvelles de La Tour de Babel maquisarde


Voilà presque un mois que l'écriture de Gatti et les questions qu'elle suscite courent et se croisent sur le plateau. Nous sommes à la mi-temps de ce premier séjour.


➢ Les lectures

Elles ont balisé ces quatre semaines.

La première a eu lieu à Tarnac, affirmant la solidarité de la Maison de l'Arbre de Montreuil et de son platane centenaire qui veille sur elle – et le terrain qui est le nôtre : faire chanter les mots et les morts, les arracher aux monuments commémoratifs, les planter encore et encore. L’insurrection de l’esprit.

Les suivantes se sont égrenées sur le plateau, allant de la grange devenue maquisarde elle aussi de Michèle Laveix (à la Pommerie), à l'A(r)telier de Royère « de » Francis Laveix dont c'était la dernière manifestation avant une cavalière mise à la porte , cherchant à regrouper non les foules mais des gens. Ceux à partir desquels se bâtit ici un futur – levain de toute cette aventure.


➢ Deux chantiers se sont ouverts :

«Le saule et le peuplier» : de l'idéogramme à l'alphabet.

Partant de l'empreinte de la pensée chinoise sur toute l'oeuvre de Gatti, c'est une véritable fête de l’esprit que Zhang Chunhong (Edith pour les français) nous propose. Conçus il y a 35 siècles, les signes de l'écriture chinoise qui sont des dessins d'idées véhiculent des valeurs tout en suivant une logique singulière. Comment se disent et se dessinent pour un chinois les mots «république» «liberté», «théâtre», «pensée» ou « laser » ? Samedi 30, a eu lieu la deuxième séance de travail qui a permis de clarifier les enjeux de ce voyage. Deux autres sont prévues (voir programme).

«Didascalie se promenant seule dans un théâtre vide» :

Si l'idéogramme ouvre l'espace d'une pensée analogique et multiple, la «Didascalie» a été écrite en lisière de l'aventure quantique qui féconde depuis près de 15 ans le travail de Gatti. Usant à pleins poumons de l'impunité que lui donne son statut de didascalie, c'est une révolution radicale des sens du mot théâtre que ce texte propose. Et en même temps, il dessine un «trou maquisard» à partir duquel faire dérailler les trains du spectaculaire et de la marchandise..


➢ Deux rencontres ont eu lieu, deux défrichages. A suivre...

Les «collages» : à la suite d'une rencontre avec Manu et l'atelier de sérigraphie de Christine Decle, un premier collage de mots a été fait sur les murs de Royère , en écho à la lecture du poème «Mort-ouvrier »- qui précédait la projection du film «L'Enclos». Sont prévus d'autres collages.

Les perspectives (lycée forestier de Meymac et lycée agricole de Neuvic) : des contacts très positifs sont en cours pour rendre possible une résidence de création ouverte sur l’Europe. A poursuivre.


Sont prévus :

Un séminaire «Théâtre» de deux jours (week-end) dirigé par Eric Salama.

La recherche des «femmes en noir» de Corrèze: récolte de souvenirs, de précisions. Que ceux ou celles que cela intéresse se fassent connaître.

Rendre vivant un «Mur des mots» sur les panneaux de Peyrelevade (rendez-vous permanent de l'expérience en cours) et pour le final de l'aventure (week-end du 5 juillet) la création d'une grande fresque multivoque, rassemblant les traces de ce qui se passe actuellement sur le plateau et les échappées vers ce qui se passera.


Prochaine lettre dans 2 semaines.

Peyrelevade
Le 31 mai 2009

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Nouvelles de La Tour de Babel maquisarde - 7 juin 2009

Deuxième lettre de la Tour de Babel maquisarde


L'aventure de la Tour de Babel entre dans une nouvelle phase.

Le premier mois, nous avons établi des lieux, fixé les lectures, organisé les rencontres. Avec un danger qui pour nous s'est affirmé de semaines en semaines : celui de mettre en place une «programmation». Même si nous tentions de nous en défendre («...ceci n'est pas une programmation, une de plus...» écrivions nous) les évenements se déroulaient selon le plan – mais le fil reliant ces manifestations restait évenementiel.

Commence dans les semaines qui vont suivre une phase plus délicate, et plus concrète en même temps et qui de manière innattendue pour nous s'ouvre de plus en plus sur le futur : la création de 2010.

Les perspectives se précisent, écrivions nous.

A Neuvic a eu lieu , un soir de pluie diluvienne, la projection du film «Chant Public devant deux chaises electriques». Elle a été un moment d'échange échappant à toutes les conventions entre «public» et «invités». Pour la première fois, peut-être de manière aussi naturelle depuis que nous sommes à Peyrelevade, nous sommes passés de la phase patiente d'explicitation d'un projet à celle de la réflexion commune de ce que ce projet suppose de la part de chacun, à égalité. Mardi 9 , il y aura simultanement une séance de travail avec le groupe des «complices» et une rencontre de travail là aussi entre N.Roy, maire de Neuvic, et Gatti . Ces rencontres seront suivies d'une lecture par Gatti d'un texte sur l'émigration à Chicago de son père – Auguste l'anarchiste - qui fait écho au théme du film projeté (l'Amérique des années 20 – et la terreur Blanche).

A Meymac aura lieu le 19 juin à l'Ecole forestière la remise officielle d'une caisse de livres venant de la Maison de l'Arbre de Montreuil (les oeuvres de Gatti) : début de ce qui doit devenir une «bibliothèque» pouvant alimenter les échanges qui se developperont en particulier entre les 2 Lycées agricoles. Suivra la lecture par Gatti au Centre d'art contemporain (20h30) - «Mon théâtre ? Un théâtre quantique ? » 2ème mouvement de sa préface à la Traversée des langages – corps de plus de 13 textes dramatiques que les Editions Verdier vont publier en 2010

Cette publication devrait avoir lieu autour de la préparation de la résidence européenne sur le Plateau), de la mise en répétition d'une de ces Traversées à Montpellier et la mise en scène d'une grande exposition à Montreuil en septembre 2010 autour des thèmes et des questions que ces textes soulèvent.

A Limoges, se prépare la lecture du poème « Les 5 noms de Resistance de Georges Guingouin» au Lycée professionnel St Exupéry qui doit déboucher sur un partenariat pour l'année prochaine et, entre autre, notre soutien à une bataille pour nous essentielle : imposer la présence de cours de philo (dans un lycée technique...

Ces cours gagnés de haute lutte et qui existent depuis quelques années, viennent d'être remis en question pour la rentrée.

Et sur le plateau ?

Le plateau ; riche - ô combien- d'une multitude d'associations et d'expériences novatrices est en même temps – du moins est-ce ainsi que nous le percevons aujourd'hui – une structure alvéolaire, en auto suffisance.

Nous repartons à la base : 1+1+1+1 solitaires, solidaires...

Le projet de cette première résidence n'a pas vocation à être un grand projet fédérateur, remuant les foules. Mais il faut qu'il devienne lisible. La possibilité d’inviter, comme nous venons de le faire à Faux le Montagne au soir de ce dimanche d’élections le superbe spectacle du Grand Théâtre « Armand Gatti est ce un nom d’arbre ? » devant une salle pleine permet de prendre des raccourcis dans l’échange et la compréhension de ce que la présence de Gatti représente ici - ce qui dans le temps qui nous est imparti est un cadeau. Nous avions d’autres possibilités que nous avions inclus dans le projet de cette résidence ( « Interdit aux plus de 30 ans » monté par la compagnie les Bons camarades qui ont travaillé avec Gatti et à Limoges ou « Le Joint » monté par Eric Salama qui vient de le présenter à La Maison de l’Arbre de Montreuil) et d’autres « visiteurs » mais il semble que nous devons abandonner ces possibilités.

Donc

1+1+1+1 solitaires, solidaires

Nous avons demandé à Pierre Couteau au nom du refuge des Résistances la permission d'utiliser les panneaux électoraux de Peyrelevade pour en faire, le temps de notre présence – un lieu non seulement d'informations qui nous soit réservé mais de rencontres entre nos mots – et ceux qui appartiennent aux habitants . Symétries? Echos? Divergences? Nous allons élargir l'aventure dans la mesure de nos forces à Faux la Montagne, à Eymoutiers ( et plus si affinités...) avec l'appui infiniment précieux et fraternel de Christine Decle graphiste à Auchaise et de Manu - sérigraphe de Royère.

L'aventure de ces collages va commencer la semaine prochaine, nous vous tenons au courant. Les premiers rendez-vous à la recherche des femmes en noir» vont commencer la semaine prochaine (pour l'instant 3 rendez-vous dont le tournage)

Les lectures «à la bougie» commencent enfin/ une à Eymoutiers , à Faux la montagne. (au Brin d'Zinc ). Le chantier «de l'ideogramme à l'alphabet» (le saule et le peuplier) se développe à la joie de ceux qui y participent (le Monde allant vers – Eymoutiers).


Peyrelevade – le 7 juin 2009.

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"Culture et résistances sur un plateau" : reportage extrait du mensuel territoires, n°500, Septembre 2009

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